C’est dans les collines du Baloutchistan, à l’ouest de la vallée de l’Indus, que sont apparues les premières cultures agricoles de cette partie de l’Asie du Sud. Le site le mieux connu de cette culture est celui de Mehrgarh. Il est daté d’environ 6500 avant J.C. Les premiers fermiers disposaient d’animaux domestiques et maitrisaient la culture du blé. On a d’abord supposé que la maitrise de cette économie « néolithique » venait du Proche-Orient. Néanmoins, d’après les études génétiques, il n’y a pas eu de mouvements migratoires massifs venant du Proche-Orient. La néolithisation du sous-continent indien se serait donc essentiellement faite par des populations de chasseurs-cueilleurs présent dans la région dès la fin du Paléolithique. La poterie y est utilisée dès 5500 avant J.C. Le IVème millénaire avant J.C. appelé phase Harappéenne ancienne est de plus en plus vue comme une longue « ère de régionalisation » durant laquelle les communautés sédentaires de l’Indus commencent à constituer des établissements proto-urbains. Il émerge à cette époque une culture commune. Cette période a été identifiée sur environ trois cent sites. Ils se répartissent entre plusieurs cultures régionales plus ou moins bien documentées et circonscrites dans l’espace et le temps, désignées à partir de sites éponymes et identifiées par leur matériel céramique. Cette culture s’est développée sur trois sites principaux.

            Le Baloutchistan, le site le plus ancien 


Au Baloutchistan, la période dite de Kili Gul Muhammad s’étend de 4300 à 3500 avant J.C. Le site éponyme est à cette époque situé dans la vallée de Quetta. Le site de Mehrgarh poursuit lui son développement pour atteindre environ 100 hectares. Il comporte de nombreux ateliers travaillant la poterie au tour, le lapis-lazulli et d’autres pierres de qualité. Les archéologues ont vu que le matériel funéraire retrouvé sur le site est intégré dans des réseaux d’échanges traversant le plateau Iranien. Les périodes suivantes dites de Kechi Beg qui va de 3500 à 3000 avant J.-C. et celle de Damb Saadat qui s’étend de 3000 à 2600 avant J.-C. voient elles l’élaboration d’une architecture monumentale concentrée sur l’élaboration de terrasses. Il y aura notamment la vaste terrasse partiellement dégagée de Mehrgarh. Plus au sud, le site de Nal a donné son nom à une céramique polychrome à décors naturalistes et géométriques. Celui-ci précède le développement de la culture dite de Kulli, contemporaine de l’ère d’intégration et liée à celle du Sind.

            La basse vallée de l’Indus, une économie plus diversifiée


La basse vallée de l’Indus est quant à elle dominée par des cultures propres. La période de Balakot date de 4000-3500 av. J.-C. Ce site, localisé sur la côte à quatre-vingt-huit kilomètres au nord-ouest de Karachi, est le plus ancien village connu dans les régions basses, érigé en briques crues. Ses habitants semblent largement faire reposer leur subsistance sur la pêche, avec une exploitation des ressources maritimes et de la zone côtière, la chasse et la cueillette, même s’ils disposent d’animaux domestiqués et cultivent le blé et le jujube, une date rouge. Le matériel céramique le plus ancien retrouvé sur ce site témoigne déjà de liens avec les cultures des terres hautes du Baloutchistan. Le site d’Amri (Sind), situé lui plus au nord sur la rive occidentale de l’Indus, au contact direct du Baloutchistan, a donné son nom à une période plus tardive allant de 3600 à 3000 avant J.-C. Il atteste de la poursuite du développement des communautés des zones basses : architecture en terre crue de plus en plus élaborée (avec des sortes de greniers comme il s’en trouve sur les zones hautes), introduction de la poterie peinte au tour, objets en cuivre et apparition des « pains » triangulaires en terre cuite caractéristiques de l’ère d’intégration. Une vingtaine d’autres sites contemporains ont été mis au jour dans la province du Sind, signe du succès de la colonisation de la vallée de l’Indus, qui pose les bases au développement de la culture de l’Indus où harappéenne.

            Au Penjab : développement de la tradition Hakra-Ravi


Plus au nord, dans le Pendjab se développent les cultures caractérisées par les poteries de tradition « Hakra-Ravi » qui va de 3500 à 2700 av. J.-C. La céramique de type Hakra est faite au tour, peinte et incisée et, comme son nom l’indique, elle est répandue dans le bassin de la Hakra. Celle de type Ravi, a été retrouvée plus à l’ouest, notamment à Harappa dont le peuplement débute à cette période. Elle est similaire mais on ne sait pas si elle relève d’un même groupe culturel. Pas moins de quatre-vingt-dix-neuf sites de cette période ont été identifiés dans le désert du Cholistan, donc dans la zone Hakra, lors d’une prospection, allant du campement temporaire jusqu’au village permanent comme à Lathwala. C’est la preuve de l’existence dès cette période d’un réseau d’habitat hiérarchisé et du débat d’une concentration de l’habitat autour de quelques sites majeurs. Les poteries de type Hakra et Ravi représentent des motifs qui se retrouveront par la suite dans les styles de la période suivante, la période harappéenne dite « mature ».

SOURCES : 

Wikipédia 

L’histoirepourtous