Les premières listes

La liste canonique des 7 merveilles du monde rassemble les monuments antiques les plus grandioses qui étaient visibles à l’époque hellénistique dans le vaste empire d’Alexandre le Grand et les royaumes de ses successeurs.

Le terme grec de « themata » (« ce qui doit être vu ») désigne des constructions exceptionnelles par leur taille et les prouesses techniques de leurs architectes.

Si Hérodote (485-425 av. J.-C.) est un des premiers auteurs à décrire des monuments comme les pyramides d’Égypte, il ne fait encore référence à aucune liste établie. Les premières listes de « themata » apparaissent au IIe siècle av. J.-C. (papyrus du Fayoum). On recense pas moins de 18 sources différentes proposant 14 listes différentes entre cette date et le XIVe siècle !

Philon de Byzance

C’est un court texte rédigé par Philon de Byzance, un orateur  méconnu du Ve siècle, qui a cependant été la source principale de la transmission de la liste à l’époque moderne. Copié sur un codex en parchemin par un moine grec au Xe siècle, le manuscrit était conservé à la Bibliothèque palatine de Heidelberg (Allemagne) avant d’être ramené à Rome en 1623 après un pillage lors de la guerre de Trente ans. C’est là qu’il est découvert en 1633 par Boessius, l’ambassadeur du roi Louis XIII, un philologue qui le traduit en latin. Le manuscrit est ensuite ramené à Paris par Napoléon en 1797 avant d’être finalement restitué à la bibliothèque de l’Université d’Heidelberg où il se trouve aujourd’hui.

La liste de Philon comportait les monuments suivants : les jardins suspendus et les murailles de Babylone, les pyramides de Memphis, le Zeus d’Olympie, le colosse de Rhodes, le temple d’Artémis à Ephèse et le Mausolée d’Halicarnasse. Le phare d’Alexandrie est absent de la liste ; en effet, il n’apparait que très tardivement dans les listes des merveilles du monde, sous la plume de l’évêque Grégoire de Tours à la fin du VIe siècle.

Dès la Renaissance, les artistes tentent de restituer l’aspect de ces 7 merveilles, de manière souvent très grandiose, exotique et peu réaliste, puisqu’elles incarnent non seulement des monuments réels du passé, mais surtout une vision légendaire et fantasmée de l’Antiquité.

Illustration : Philip Galle, «Lighthouse of Alexandria», 1572 (Rijksmuseum Amsterdam)

Source de la photographie : Wikimedia Commons